Dans l’ombre des ruches, il y a bien plus que du miel. Il y a des gestes précis, des saisons à lire, des risques à anticiper et une vraie passion qui ne dort jamais. Renald Beaurain le sait mieux que personne. À Saint-Alexandre, cet apiculteur de SOS abeilles vit au rythme de ses colonies, avec une règle simple en tête : il faut toujours avoir un coup d’avance.
Un métier de terrain, toute l’année
Quand on imagine l’apiculture, on pense souvent à la récolte du miel. En réalité, c’est un métier qui occupe tous les jours de l’année. Renald Beaurain le dit sans détour. Il faut observer, vérifier, protéger et parfois décider très vite.
Les abeilles ne demandent pas de pause. Elles réagissent à la météo, aux fleurs, au vent, à l’humidité. Un matin ensoleillé peut tout changer. Une semaine de pluie aussi. C’est pour cela que l’apiculteur regarde la météo chaque soir, avant même de penser au lendemain.
Des ruches à surveiller comme un trésor vivant
Renald Beaurain gère aujourd’hui 19 ruchers dans le Gard rhodanien et autour. Il a choisi de rester local, près de ses terres et des gens du coin. Ce lien avec le territoire compte beaucoup pour lui.
Chaque ruche demande une attention particulière. Si le temps est beau, les abeilles sortent davantage. S’il pleut ou s’il y a trop de vent, elles consomment plus de réserves. Il faut alors vérifier qu’elles ont assez à manger. Il faut aussi observer la reine, la ponte, la santé générale et la présence de parasites. Rien n’est laissé au hasard.
Le printemps, la saison où tout s’accélère
Pour beaucoup, le printemps est synonyme de retour du soleil. Pour un apiculteur, c’est surtout la période la plus intense. Les colonies se développent vite. Tout bouge. Tout grandit.
Renald Beaurain visite alors régulièrement ses ruches. Il regarde si les abeilles ont assez de nourriture. Il cherche aussi les signes d’une bonne santé et d’une belle ponte. La reine joue un rôle essentiel. Si elle va bien, toute la ruche se porte mieux. C’est un peu le cœur du système. Sans elle, tout vacille.
L’été, entre récolte et vigilance
Quand les températures montent, le travail change de visage. L’été est le moment de la récolte du miel. Mais là encore, rien n’est simple. Il faut extraire, filtrer, mettre en pot et surveiller les stocks des ruches.
La chaleur peut vite devenir un problème. Les abeilles ont besoin d’eau et de réserves. L’apiculteur doit donc garder un œil attentif sur la ruche et sur l’environnement. Une belle journée peut sembler parfaite. Pourtant, pour les abeilles, elle peut aussi devenir épuisante.
L’automne et l’hiver, des saisons plus discrètes mais essentielles
Quand l’automne arrive, le rythme ralentit. C’est le moment du nettoyage des ruches, de l’inventaire du matériel et de la préparation de l’hiver. Cette phase est souvent moins visible, mais elle est capitale.
En hiver, les abeilles se reposent. L’apiculteur les laisse tranquilles autant que possible. Ce temps calme permet aussi de vendre le miel, notamment sur les marchés de Noël. Mais le travail ne s’arrête pas vraiment. Il faut encore traiter les colonies contre le varroa destructor, un parasite redouté par tous les apiculteurs.
Une passion née très tôt, puis devenue une évidence
Renald Beaurain n’est pas arrivé par hasard dans ce métier. Avant de devenir apiculteur en 2010, il a travaillé pendant de longues années dans le nucléaire. Pourtant, les ruches faisaient déjà partie de sa vie. Son grand-père était lui-même apiculteur. La passion était là depuis longtemps.
Il avait déjà quelques ruches avant de se lancer pleinement. Puis il a suivi plusieurs formations. Le déclic est venu avec une idée forte : sauver les abeilles. Dans un monde où leur rôle devient de plus en plus visible, ce choix prend tout son sens.
Former, transmettre, protéger
En 2019, Renald Beaurain a créé le Rucher école SOS abeilles à Saint-Alexandre. L’objectif est simple et ambitieux à la fois. Il veut transmettre son savoir à ceux qui souhaitent découvrir l’apiculture ou aller plus loin.
Chaque printemps, il propose des sessions de 35 heures pour devenir apiculteur amateur. Il en organise trois par an. Les formats sont variés. Certains suivent les cours sur cinq jours. D’autres viennent quatre samedis de suite. Les groupes restent petits, entre 5 et 10 personnes, pour garder un esprit familial.
Les participants apprennent tout. Comment fonctionne une ruche. Comment reconnaître une maladie. Comment gérer les frelons asiatiques. Comment monter un rucher. À la fin, ils peuvent gérer de 1 à 20 ruches. C’est concret. C’est utile. Et souvent, c’est une vraie révélation.
Pourquoi l’abeille est si importante aujourd’hui
Renald Beaurain intervient aussi dans les écoles et les entreprises. Il explique le rôle des abeilles, leur utilité et les menaces qu’elles affrontent. Le message est clair. Sans elles, une grande partie de la nature serait déséquilibrée.
Il travaille aussi avec des agriculteurs pour la pollinisation des pommiers, cerisiers et autres arbres fruitiers. Il dépose ses ruches dans les vergers pour aider les fruits à se développer. C’est un travail discret, mais essentiel. Et il ne le fait qu’avec des agriculteurs qui n’utilisent aucun pesticide.
Un métier exigeant, mais profondément utile
Être apiculteur, ce n’est pas seulement produire du miel. C’est protéger un vivant fragile. C’est accepter l’incertitude. C’est aussi rester humble face à des insectes minuscules qui jouent un rôle immense.
Renald Beaurain l’affirme avec conviction : il faut sauver les abeilles. Et au fond, son métier raconte quelque chose de plus large. Il parle de patience, de nature et de transmission. Il rappelle aussi qu’un geste local peut avoir un impact bien plus grand qu’on ne l’imagine.






